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Le Bar de la Taverne
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Telefoneur OdO
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Citation:
Provient du message de Mr Kiss
[Quote divisée]
parle pour toi
ce texte est poignant, à mon goût!

ça me manquait de te lire...ça fait trop longtemps
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Sasa, scribouillarde
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édité suite a une édition... enfin bref, on s'en fiche
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Rhaaaa lovely !
Sasa t'es reviendue avec la suite
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Pleure / Valicium
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joli, mais j'ai pas tout lu je lirai la suite plus tard =)

J'aime le début
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( Et oui, tout arrive, plus personne s'en souviens mais c'est pas grave, ca me boost de poster ici)


Tout le monde parti, marquant ainsi la fin de mon espoir et le début de mon exil. Les adieux furent courts, on ne me laissa jamais seule, et le désespoir que j’essayais d’imprimer à mon regard fut mis sur le compte de la tristesse que je ressentais à me retrouver seule.
Marianne et Clarisse demandèrent à mon époux la permission de rester, si j’étais enceinte, comme mes nausées permanentes le laissaient supposer, j’aurais besoin d’elles, mais Owen leur dit que de nombreuses femmes seraient mises à mon service. Son sourire éclatant les remercia de leur sollicitude et elles partirent rassurées, me serrant dans leur bras et me promettant de venir pour ma délivrance si la merveilleuse nouvelle se confirmait.
Magnus me fit des adieux appuyés, et en me donnant l’accolade, ce qui n’était pourtant pas dans ses habitudes, il me glissa à l’oreille de ne pas m’en faire, que tout se passerait bien, qu’il était heureux pour moi.
Le sourire de la reine fut encore plus douloureux, elle me prit la main et m’assura que je serais une grande dame, elle m’assura qu’elle avait confiance en moi pour devenir une comtesse digne de son rang et digne de mon illustre mari.
Le coup de grâce me fut donné lorsque Owen demanda à Enguerrand d’emmener Feu Follet avec eux. Le loup ne cessait de grogner après mon époux, et par crainte que ce dernier ne lui fasse subir un mauvais sort, j’acceptais. Le superbe animal fut mis au bout d’une laisse et j’entendis longtemps dans mes oreilles bourdonnantes ses gémissements.
Seule la mine inquiète de Cydric et de Godefroy me rassura un peu, mais que pouvaient ils faire pour moi… Rien… Plus rien…



Chapitre 12

Et la vie au château commença. Il me fut vite confirmé que j’étais réellement enceinte, et cette grossesse m’épuisait. Il semblait que l’enfant voulait, dés les premiers temps, prendre en moi toute l’énergie que j’avais pu avoir.
Owen me laissait relativement libre dans la journée. Toujours suivie de son sbire, et avec l’aide du personnel du château, j’apprenais le métier de femme de haut seigneur. La gestion des cuisines, le suivi de l’entretien du linge, les œuvres de charité, la visite aux paysans du comté, les interminables doléances des femmes des petits seigneurs vassaux de Owen, les soirées musicales. Je pus mettre en pratique ce que j’avais appris au temple, je brodais, je cousais.
Je donnais à tous l’impression d’être une femme douce, bonne, sans grand caractère et entièrement dévouée à son époux En vérité, j’avais cessé de lutter, je ne trouvais plus en moi la force de me rebeller et j’affichais sur mon visage un sourire de convenance qui donnait le change, même a moi parfois.
Je n’étais jamais seule, mais dans les moments ou l’on me laissait un peu de paix, lors de mes ablutions par exemple, je regardais mon corps, essayant d’imaginer cette vie qui croissait en moi et qui ne me provoquait que répulsion et dégoût. Je me disais que peut être, si je haïssais le fruit de ma chair de toute mon âme, il cesserait de s’accrocher à moi et me délivrerait par une fausse couche. D’autre fois, je tentais de retrouver ma magie, en murmurant des sorts inoffensifs. Mais il semblait que j’avais perdu tous mes pouvoirs. Je pris donc la décision, si je menais cet enfant à son terme de ne pas lui survivre, et de me tuer après sa naissance, a moins qu’Owen et les adeptes de Salmador ne le fassent, puisque je ne leur serais plus d’aucune utilité.
Ainsi passaient mes journées. Les nuits étaient bien différentes. Owen ne se lassait pas de moi, et je devais, chaque soir, ou parfois dans la journée, quand l’envie lui en prenait, me soumettre à son désir. Il venait vers moi, ou que je me trouve et d’un geste impérieux chassait mon ombre de garde.
Je ne repense pas à ces moments sans rougir, car Owen était d’une grande douceur, et sa science amoureuse faisait de moi une victime consentante. Je luttais quand il commençait à me caresser, je tentais de blinder mon esprit et mon corps à ce qui m’arrivait, mais très vite, sous ses mains adroites je perdais pied, et le temps s’arrêtait dans un voyage de plaisir charnel d’où je me relevais, flageolante, le corps perclus de bonheur et encore un peu plus dégouttée de moi-même.
Le reste du temps, Owen et moi avions passé une sorte d’accord tacite. Nous ne parlions ensemble que de banalités touchant au domaine, des derniers accords commerciaux susceptibles de l’intéresser ou des litiges entre ses paysans. Certaines fois, il revenait d’une de ces nombreuses absences, et m’apportait un présent. Bijoux somptueux ou pièces d’étoffes rares qui n’allumaient pas dans mes yeux l’étincelle qu’il voulait y voir. Alors, ses yeux a lui s’éclairait de cette lueur perverses qui m’indiquait que j’allais encore me perdre sous ce corps dont j’étais l’esclave.
Les mois passaient, les nausées me laissaient enfin tranquille et mon ventre s’arrondissait. Aucune fausse couche ne vint me délivrer de mon fardeau. Owen et toute la cour m’entouraient de sollicitude. Les dames à mon service, parmi lesquelles aucune amie ne se distinguait me prodiguaient conseils et astuces que je me refusais à suivre.
Owen me touchait de moins en moins, et je n’arrivais pas à savoir si j’en étais soulagé ou malheureuse, on m’entourait de soins qui se voulaient affectueux, les femmes lorgnaient mon ventre avec envie. J’avais compris depuis longtemps que beaucoup d’entre elles rêvaient de mettre dans leur couche leur si beau seigneur.
Mais Owen n’avait pas besoin d’aller voir ailleurs, le bonheur de voir accomplir la destiné de son maître lui suffisait amplement, de plus, force me fut de le constater, il était amoureux de moi…. Enfin, amoureux de la chose qui portait en ses entrailles son bébé tant attendu.
Mais il est temps de décrire mon entourage immédiat. Outre Owen et mon « ombre » trois personnages se distinguaient : d’abord, les inséparables, le couple maudit comme je les appelais. Emostia et Ungar, ci devant médecin et sage femme. Tous les jours, à mon réveil, ils venaient m’examiner sous toutes les coutures puis se mettaient a palabrer sur mon état, en des termes que je me refusais a entendre. Ils n’étaient jamais d’accord et j’augurais assez mal d’un accouchement orchestré par ces deux la. Emostia était une matrone énorme à l’air majestueux et aux petits yeux porcins. Toujours coiffée d’invraisemblable façon, il était impossible de lui déterminer un age. Son comparse était lui un petit homme bedonnant à l’air perpétuellement chafouin et de mauvaise humeur. Je m’amusais parfois à contempler son nez, étonnement crochu et long qui le faisait ressembler à une vieille chouette.
Le troisième personnage était une femme… la seule femme d’ailleurs pour qui j’avais un peu d’affection en ces lieux. Esmael était enceinte, comme moi… et enceinte d’Owen aussi. Il l’avait engrossé en même temps que moi afin qu’elle serve de nourrice à notre fils. C’était une jeune femme, qui devait avoir mon age, à la poitrine opulente et au sourire très doux. Elle était aussi blonde que j’étais rousse et souvent, lorsque mon humeur était sombre, elle s’asseyait à coté de moi, en silence elle me prenait la main, et cette simple caresse faisait jaillir des larmes qui me soulageaient un instant.
Esmael accoucha quelques jours avant moi, dans la plénitude d’une nuit étoilée de juin. Décidemment, la plupart des évènements importants de ma vie devaient avoir lieu ce mois la. J’avais eu 19 ans, Esmael en avait à peine 18 selon elle. On tenta de me cacher le mieux possible de ce qui se passait dans la chambre ou elle mettait au monde son enfant, mais je me bouchais les oreilles pour ne pas entendre ses hurlements de douleur qui perçaient a travers les fenêtres largement ouvertes du château. Ce mois de juin promettait un été torride et aucune brise ne venait rafraîchir l’air qui se raréfiait sur le soir.
On ne me présenta pas l’enfant d’Esmael, a partir de ce jour je fus cloîtrée dans ma chambre, surveillée, examinée, prisonnière mais reine… On répondait à la moindre de mes envies de nourriture, de livres, de soins…
Installée dans le lit somptueux d’Owen, je trônais, mon ventre distendu et douloureux gonflait les couvertures et Owen venait souvent me contempler, simplement assis sur un tabouret dans la ruelle du lit.
Un matin, je sus... Je sus que la fête du printemps était la, cette fête qui marque la fin de la saison du renouveau, cette fête qui correspondait au jour ou j’avais été conçue, cette fête que j’avais refusé de vivre en mon village. Clin d’œil cruel de ma maman, je sus aussi que ce serait le jour de mon accouchement.
Le matin, un liquide chaud me coula entre les jambes. J’eux un fol espoir en me disant que je perdais le bébé, mais non, la poche des eaux venait de se percer, il allait arriver. Je me mis à paniquer complètement, je n’avais bien sur, pus ne prévenir personne, et accoucher sans la main de Clarisse et l’épaule de Marianne me paraissait impossible ! Les gens savaient pourtant que j’étais enceinte, que leur avait donc dis Owen pour que personne ne vienne, si ça se trouve, ma mort était déjà annoncée.
Je me mis à taper frénétiquement sur mon ventre pour en chasser la chose, et Emostia et Ungar, accourus à mes cris, durent me tenir les mains pour m’empêcher de continuer ! Je dus tout de même à ce moment la reconnaître leur efficacité ! Ils me passèrent de l’eau sur le visage, j’étais fiévreuse, changèrent mes draps sans que je ne manifeste aucune pudeur devant Ungar, installèrent dans la pièce, une table et un tabouret d’accouchement au cas ou, allumèrent un feu d’enfer malgré la chaleur pour avoir de l’eau chaude a disposition, chassèrent les servantes attirées par le remue ménage et calmèrent Owen qui dés qu’il fut prévenu se mit a tourner en rond dans la chambre.
Et moi… Moi, au milieu du vacarme et de l’énervement ambiant, moi j’écoutais mon corps… Je sentais venir du fond de moi des vagues, d’abord sans douleur, comme un ressac serein d’une mer calme, puis, comme si la tempête se levait, les vagues se firent plus amples, provoquant en mon ventre des contractures douloureuses que je tentais d’apaiser e respirant comme j’avais vu faire les femmes de la communauté. Mais bientôt, l’orage se déchaîna en moi, et je n’eus plus dans les oreilles que mes gémissements de douleur, j’avais l’impression q’une lame de douleur traversait mon corps de part en part. J’avais les yeux fermés, je refusais de les ouvrir, je refusais de savoir. Quand tout a coup…. Oh que les esprits me protège… Quand tout a coup je sus qu’elle était la… Une caresse sur mon front, une main incroyablement douce, des mots d’une grande douceur prononcés d’une voix étonnement grave et chaleureuse. Ma mère, maman, ma génitrice, mon malheur… Comment l’appeler ?
Je tentais d’ouvrir les yeux, pour enfin savoir, la regarder, la contempler, lui jeter au visage ma haine et mes regrets, mon désespoir et ma colère, ma peur panique et ma douleur… Mais je ne pus, mes yeux semblaient impossibles à ouvrir. Alors, je me laissais aller dans la tempête serrant cette main que j’haïssais.
Puis les douleurs se firent différentes, celles auxquelles j’étais habituée se calmèrent et soudain Il voulut me déchirer le ventre et les reins ! Je compris vaguement qu’on m’allongeait sur une table dure. Je hurlais et me mis a pousser dirigés par au moins 3 ou 4 voix Je sentais l’odeur d’Owen, chaude, sensuelle à coté de moi. Je fus un instant choqué de le savoir la, de savoir qu’il me voyait souffrir, tout orgueil, toute beauté et toute pudeur rabattue. Puis l’odeur du sang et celle, animal, de la sueur des gens qui peinaient avec moi.

Lorsque j’entendis les hurlements du bébé, il me sembla que la terre s’était arrêtée. Comme si, soudain, à ce moment la, plus d’autre vie n’existait en ce monde. Le château était silencieux, dans la chambre, il semblait que plus personne ne respirait. Seul les hurlements de cet enfant qui semblait en pleine santé remplissaient l’espace et le temps. On me le mit sur le ventre et malgré moi, je posais mes mains sur la chair de ma chair.
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