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Roman d'une Caernite immigrée

Bonjour à tous.
Voila, depuis quelque temps, j'écris un roman que je mettais en épisodes sur le forum Caern. Je viens ici afin de le continuer pour ceux qui le lisait déja. Je le met depuis le début, au cas (improbable) ou ca interesserait des gens ici.
Bisouille à tous.
Béné, ljd Sariel

PROLOGUE
J'errais sans raison dans la grande maison vide, le cœur en berne, comme souvent, sans que je sache pourquoi.
L'odeur familière des meubles et du parquet ciré me rassurait.
Mes pas me portaient de pièces en pièces, mes yeux clignaient parfois dans un rayon de soleil projetant sur le sol des myriades de poussières dorées.
Arrivée dans le grand salon, je me lovais sur mon fauteuil préféré, les bras enserrant mes genoux.
Mon regard était fixé sur la grande glycine au dehors, des pétales roses en tombaient.
Des mouches virevoltaient dans un ballet incompréhensible et obsédant. Sur le carreau une abeille se cognait dans un bruit sec et mat.
Lorsque mes yeux se remplirent de larmes, je ne cherchais pas à les retenir et laissait déborder le flot de mon cœur.
Comme à chaque fois des images déferlèrent derrière mes yeux brouillés par la pluie de mon âme. Je me laissais aller à la griserie de la souffrance.
La boule de douleur si familière revint au creux de mon ventre. Je pensais à lui, à eux, à tous ceux mort dans la lutte pour la paix.
Je caressais mon ventre rond, symbole des espoirs perdus.
Et pour la première fois depuis des lunes, je décidais de m'adresser à la vie qui croissait en moi, je décidais de lui raconter, enfin, de lâcher les digues de mon âme.
Tout bas, dans un chuchotement, je commençais à lui raconter mon histoire, l'histoire de ma vie, l'histoire de sa vie.

CHAPITRE 1

Mon père, si doux, si juste, amis des esprits de la nature rencontra ma mère, si belle, le jour de la fête du Printemps.
Cette anecdote, si souvent racontée, me fait encore sourire.
J'imagine mon père, ce grand homme un peu balourd, jetant son dévolu sur la frêle et superbe créature qu'était ma mère.
Je vois, pour les avoir vécus si souvent, les grands feux par-dessus lesquels les couples sautaient, les guirlandes de fleurs dans les cheveux des femmes, ces buissons si épais et accueillants.
J'imagine la menotte de ma mère se logeant dans la grosse patte de mon père... J'entends presque les soupirs et les rires ambiants. Je vois la joie briller dans leurs yeux, le frôlement d'un tissu qui tombe, la douceur d'en caresse...

Je fus conçus cette nuit là, d'un père druide et d'une mère vénérant le coté sombre de la Déesse de la magie et des Mystères.
Ma mère... Je n'ai jamais eu l'occasion de l'appeler Maman. Dés ma naissance elle repartit explorer les Arcanes de la sorcellerie.

Mon père m'éleva comme il put, dans une communauté dédiée aux esprits de la nature. J'étais entourée de vieux hommes ont barbes blanches, de matrones très sages, de jeunes éphèbes aspirants et de jolies vierges évaporées et farouches.

Et moi au milieu de tout ca ? Et bien moi je ne me mêlais pas au troupeau des vierges, leur allure extatique ne correspondait ma à mon état d'esprit.
Les vieillards et les matrones m'insupportaient de leurs conseils, quant aux jeunes éphèbes, leurs regards sur les courbes de mon corps me rendaient enragée.
Je vagabondais donc seule, longuement dans la nature à la recherche de je ne savais quoi.
Je m'adonnais à la musique et au chant également. On me reconnaissait une jolie voix, je chantais donc lors des cérémonies et on me destinait tout naturellement au rôle de prêtresse.

Puis vint l'année de mes 16 ans et la date de la fête du Printemps.
La veille de la fête mon père me prit à part.

"-Sariel, ma fille, tu viens d'avoir 16 ans, il est temps que tu commences ton apprentissage de prêtresse.
Mas tu sais que tu ne peux le devenir qu'a condition que tu sois femme.
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Tu connaîtras donc un homme demain, lors de la cérémonie des vierges."
Je fixais mon père, plantant mes yeux bleus d'eau dans les siens si verts.
D'une voix que je ne me reconnue pas je lui dis :
"- Ai -je le choix ?
- Je crains que non ma fille.
- Bien, qu'il en soit ainsi alors."

Je quittais mon père sur ses mots, habitée par une rage que je ne comprenais pas.
Je me savais promise à ce destin depuis ma plus tendre enfance... alors pourquoi cette colère ?
Le soir, j’errais longuement dans les alentours. Je savais que j'avais tort, j'aurais du passer la nuit en prières et en méditation.
Mais je n'arrivais pas à me calmer, je marchais sans but.
Je passais à coté de la maison des vierges, j'entendis des sanglots.
Je savais que certaines devaient subir le même sort que moi le lendemain, et que comme moi, elles étaient terrifiées.
Puis, je longeais le logement des aspirants, et la, j'entendis des rires et des chants. ma curiosité fut la plus forte, je m'accroupis près d'une fenêtre et tendis l'oreille a leur propos.
Ce que j'entendis m'horrifia, ces ignobles individus faisaient des paris sur la jeune fille qu'ils auraient a "honorer" le lendemain. J'entendis plusieurs fois mon nom suivit de rires;
Je rentrais dans une rage noire.
Outrepassant tous les ordres, je donnais un violent coup de pied dans la porte qui s'ouvrit à la volée.
Aussitôt les rires cessèrent. Interloqués, une dizaine de jeunes hommes me fixaient.
Je les fustigeais du regard, incapable de dire un mot, je risquais de me mettre à hurler.
L'un deux reprit son sang froid. Je vis un sourire épanouir son visage. Il pencha légèrement la tête de coté, regarda ses compagnons, puis moi et avec une morgue insupportable me dit :
"- Alors la sauvageonne, tu vas perdre de ta superbe demain quand tu seras enfin soumise par l'un d'entre nous.
Tu sais quoi, je souhaite que cela soit moi. Vaincre la belle Sariel et ses airs hautains serait une belle victoire. Toi qui nous méprise, toi qui te crois supérieure, toi dont la chevelure rousse et libre est une tentation dont tu joues.
Je te vaincrais la garce, et tu crieras dans mes bras."
Sur ce, il éclata de rire, imité par ses compagnons.
Je ne sais ce qui me prit à ce moment là, je ne sais d'où sortir les mots que je murmurais d'une voix rauque en tendant une main vengeresse vers le bellâtre. Mais ce que je ressentis, c'est l'intense brûlure qui me meurtrie les membres, en même temps qu'un éclair de feu jaillissait de ma main et allait directement en direction du moqueur, mettant le feu à son arrogante tignasse blonde.
Puis hébétée, je sortis de la pièce, sans chercher à savoir ce qui se passait à l'intérieur.
Je regardais ma main, sans comprendre, j'essayais de me souvenir des mots, sans y arriver. Que m'était-il arrivé, qu'avais je fait.
Je n'avais jamais utilisé la magie, seuls les soins par les plantes m'étaient connus, d'ou me venait ce pouvoir?
Poussant un long soupir, je décidais d'aller me coucher, j'étais épuisée et sur les nerfs, je n'arrivais plus a réfléchir a rien.

Sur ma couche, je mettais longtemps a trouver le sommeil, et quand il vint, il fut peuplé de rêves de feu et de moqueries.

Je m'éveillais le matin plus épuisée que la veille, autour de moi, le dortoir commun était vide, quelle heure était-il? Le soleil ne semblait pas être si haut pourtant.
J'enfilais ma tunique et me décidais a sortir.
L'air frais du petit matin me saisit, je frissonnais et me dirigeais vers la hutte commune afin de prendre mon petit déjeuner, bien que j'eusses le coeur au bord des lèvres.
Arrivé devant l'imposant bâtiment de branchages, un sentiment singulier me pris. Je n'avais croisé personne dans le village, je n'avais entendu aucun bruit, même celui si familier des lavandières accomplissant leur ouvrage du matin.
Prise d'un mauvais pressentiment, je rentrais dans la hutte.
Tous, ils étaient tous là, rassemblés autour de la grande table.
A mon arrivée, tout le monde se tut et fixa les yeux sur moi.
Je sus aussitôt que cette réunion exceptionnelle était en mon honneur.
Et là, le destin se joua de moi, il me fit un de ces petits clins d'oeil qui décide de toute une vie.
J'avais devant moi des dizaines de visages qui me regardaient, l'air réprobateur et mon regard ne tomba que sur une personne... sur mon tourmenteur de la veille.... complètement chauve!
Et sans que ma volonté n'y fut pour quoi que ce soit, mes nerfs se relâchant sans doute de trop de tension, j'éclatais de rire, d'un de ces rires inextinguibles qui vous prends aux tripes et qui ne vous lâche plus.
Et devant cette assemblée solennelle, je pleurais de rire à la vision de ce crâne chauve.
J'apercus entre deux fous rires le doigt accusateur du Grand Sage de l'assemblée qui m'ordonnait de sortir.
Pliée en deux, je m'éloignais, essuyant les larmes qui me brouillaient la vue.
Mon avenir était perdue, j'étais bannie, punie..... et moi..... Je riais.
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Un peu dégrisée, je me dirigeais vers le dortoir afin de préparer mes bagages.
Je pris le portrait de ma mère et de mon père, fait par un peintre de passage pendant sa grossesse. Je pris ma cithare que J'enroulais délicatement le petit j'enveloppais dans ma couverture. Quelques vétements, une cape de laine chaude et mon couteau.
Je fis un balluchon du tout et me dirigeais vers la sortie. Au fond, je crois que j'en était heureuse, j'échappais à la cérémonie des vierges et je partais à l'aventure.
L'aventure... bien joli mot... dont je ne saississais absolument pas la portée mais qui avait des senteurs de liberté et de découvertes.
Je ne voulais pas partir sans embrasser mon père, sans lui parler.
Lorsque je sortis, il était la, devant la foule assemblée du village. Je me dirigeais vers lui, sans un mot et le pris dans mes bras. je sentis contre moi cette chaleur si douce, si rassurante.
Je déglutis péniblement....
-"Père, je n'ai pas voulu le mal que j'ai fais, c'est sans doute un héritage de Maman, il vaut mieux que je partes si je ne le controle pas."
Je l'embrassais tendrement, sa barbe me piqua un peu, je souris pour ne pas pleurer.
Puis, sans me retourner, je pris la route du nord, l'air était chaud, le vent Léger et la poussière du sol douce à mes pieds nus.
J'avais 16 ans, j'étais libre, j'étais seule.

chapitre II
Je marchais jusqu'au soir, le coeur à la fois lourd et Léger, je cueillais quelques bais pour me nourrir, je me lavais les mains dans un ruisseau.
Un chardonneret m'accompagna quelque temps, me ravissant de son chant .
Je n'étais pas loin de penser que la vie était belle, charmante insouciance d'un esprit trop jeune.
Le soir tomba, je vis des feux s'allumer un peu partout. Autour de moi, les hommes s'apprétaient a féter le renouveau de la nature.
J'espérais trouver un village, ou une communauté ou je puisse dormir le soir, je décidais d'avancer encore un peu, la lune était pleine et ses rayons traçaient mon chemin.
Mon ventre commençaient a se manifester. J'adore les bais, mais j'étais habituée à une nourriture plus consistante et plus copieuse.
Au loins, j'entendais des cris de joie et j'aperçus la lueur d'un feu, résolumment, je me dirigeais vers cette direction.
Je me retrouvais au centre d'une clairière entouré d'un petit bois.
J'eu un pincement au coeur. Tout était semblable à la fête que j'aurais du faire ce soir chez les miens.
Les miens....
La joie qui règnait dans ces lieux me grisa un peu, les filles dansaient, les harpes égrénaient leurs sons mélodieux et l'alcool commencaient a donner des couleurs aux joues des hommes.
Prudemment, je m'approchais, cherchant des yeux le Sage de cette assemblée afin de lui demander l'hospitalité.
Je le reconnus, assis sur un grand fauteuil taillé dans un chène, je me dirigeis vers lui, un peu tremblante malgré mes exhortations à être courageuse.
Je me plantais devant lui, dressant ma petite taille et levant la tête pour me donner une contenance que j'étais loin d'éprouver.
Son regard gris et froid me glaca, mais un mince sourire étira ses lèvres dans son visage long et émacié.
"-Bonjour jeune fille"
-Bonjour messire, je suis une... une... voyageuse et je me demandais si je pouvais bénéficier de votre hospitalité pour la nuit?"
Il rit en silence
"Cette nuit jeune fille, est la nuit de l'année ou nous dormons le moins, mais si tu veux bénéficier de la sécurité de rester parmi nous, profite de la chaleur des feux et de l'abondance du banquet.
-Merci" balbutiais-je un peu génée.
Je me retournais pour rejoindre la fête et trouver un coin ou m'installer, je sentais son regard dans mon dos, je frissonnais malgré moi.

Le banquet était abondant en effet, j'y pris largement ma part et allais m'assoir près d'un arbre, a quelques pas d'un feu. Si je m'endormais, j'aurais ainsi un peu de chaleur.
Ce qui ne tarda pas, j'avais beaucoup marché, plus que je ne l'avais sans doute jamais fait, je sombrais, malgré le tumulte environnant dans un profond sommeil.
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Je m'éveillais en riant, les yeux encore clos je grondais gentiment Caline, la chatte de la communauté qui était encore sur mon lit en train de me chatouiller le visage. Je tentais de l'écarter d'une main paresseuse lorsque je me rendis compte de mon erreur.
Ca ne pouvait pas être Caline.
J'ouvris les yeux... Au dessus de moi, dans le clair obscur un homme, assis, me caressait le visage.
Il semblait jeune, le visage glabre, aux traits réguliers, bruns, les cheveux retenus en natte dans le dos.
J'eux la tentation de hurler, de le mordre, de le frapper, mais son geste était si doux que je m'apaisait.
Il s'apercut que j'étais éveillé et me sourit.
-"Oh, pardon, je ne voulais pas te reveiller"
Mon légendaire sale caractère repris le dessus.
"-Parce qu'a votre avis, faire des papouilles aux gens qui dorment ca ne le reveillent pas?"
Il éclata de rire
Je souris a mon tour, incapable de résister à son charme.
Nous en étions la de nos présentations un peu niaiseuses, quand j'entendis une grosse voix. mon compagnon m'en cachait la provenance.
"-Ewarm, ne crois pas que cette pucelle soit pour toi, elle n'est pas d'ici, c'est un sang neuf, elle doit être reservée
pour Torg!"
Je me redressais, poussant le dénommé Ewarm.
"-Pardon" dis-je d'une voix qui tremblait.
"-Bonjour jouvencelle, il est rare de rencontrer des étrangères à la région, elles sont pour nous l'occasion de renouveller le sang de la coommunauté. Il semblerait que tu sois en âge d'enfanter, demain tu seras offerte a Torg, notre champion"
UN moment interloquée, je compris brutalement la portée des paroles que je venais d'entendre, saisissant mon balluchon, je commencais a courrir, a moitié empétrée dans ma couverture.
Je n'eus le temps que de faire quelques pas, une main puissante me saisit, se saisit de moi, me pris sous son bras et m'assoma promptement... sans doute pour faire taire mes hurlements stridents.
Lorsque je revins à moi, il faisait jour, j'étais libre de toute entrave, allongé sur un lit de branchages dans ce qui me semblait être une hutte.
J'avais très mal à la tête et la précfarité de ma situation me revint en mémoire.
Je me levais, vacillante et tentais de sortir dehors .DEvant la porte, un homme de haute sature m'en empécha, doucement, mais fermement. Je rentrais dans ma prison, m'assis sur ma couche et tentais de réfléchir.
La prmière idée qui vient à l'esprit de tout prisonnier et de tenter de s'évader, bien sur. mais je voyais mal comment cela serait possible. J'étais sans doute bien gardée, je n'avais aucune force physique et on m'avait enlevé mon petit couteau.
Je ne pouvais tout de même pas rester là à attendre que l'on me livre en pature à leur fameux Torg! Je n'étais pas partie de chez moi pour subir un sort similaire, et pire, dés le lendemain.
Je me mis a tambouriner à la porte!
"- J'ai faim, j'ai soif, je veux voir votre chef" hurlais-je.
Enfin, alors que j'étais presqu'aphone, la porte s'ouvrit.
Machinalement je reculais. Devant moi se tenais un homme immense. Il devait faire dans les deux mètres, sa musculature était impressionnante et saillait sous son vétement en cuir. Son visage était couturé de cicatrices, dont certaines étaient récentes.
Lorsqu'il me parla, sa voix tonitruante résonna dans la petite pièce, trop étroite pour cet être gigantesque.
"-Que veux tu? Vas tu nous rabattre les oreilles encore longtemps?
-Je veux sortir, vous n'avez pas le droit de me retenir ici, pas le droit de me donner à votre Torg, je suis une femme libre.
Tu seras libre dés que tu auras mis au monde un fils, pas avant.
-Mais je refuse, de quel droit me traitez vous ainsi?
-Tu es une femme, comme tu l'as dit petite, et de ce fait, dans cette contrée, tu n'as pas droit à la parole. Tu dois te soumettre à la loi de Hommes... Je te ferais un fils, si cela me siffit, je te libérerais, si tu me plait encore, je te garderais."
Je frissonnais de tout mes membres, un immense dégout me pris.
"- Vous êtes Torg?
- C'est moi en effet. Songes tu toujours à ma resister?
Ce soir, nous interogerons les esprits, pour savoir si tu es pure, puis tu deviendras ma compagne."
Sur ce, il sortit me laissant pantelante et au bord des larmes. Comment lutter contre cette brute? Je tournais et retournais dans ma geole, comme le lion que j'avais vu un jour, dans une sorte de cirque qui s'était arrété chez nous.
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J'avais le cerveau en ébulition, échaffaudant des plans de fuites tous plus absurdes les uns que les autres.
A midi, enfin je pense qu'il était midi, on m'apporta un plat de navet fade et plein d'eau.
Les nerfs a bout, j'envoyais valdinguer la gamelle qui s'écrasa contre un des murs.
Il devait bien y avoir une solution bon sang!
Je fus tentée de prier les esprits de m'éclairer, mais je renoncais, ils semblaient que les divinités m'aient abandonnées.
Alors, tout naturellement, comme quand j'étais petite, comme quand mes frayeurs nocturnes m'envahissaient, je me mis a chanter.
Je me laissais envahir par ma voix pour arréter de penser, je laissais la musique prendre possession de mon corps.
Machinalement, je me balançais de droite à gauche, suivant le rythme de ma mélopée.
Petit à petit j'oubliais la hutte, mes bourreaux, mon bannissement.
Les yeux fermés, je me laissais aller dans le paysage de mon chant, qui parlait de chaleur au coin du feu, de douceur familiale, d'amour maternelle.
Je finis ma mélodie sur une note très grave, qui semblait sortir du fond de mon ventre.
J'ouvrais les yeux, apaisée, et les écarquillais aussitôt.
Devant moi, sur le sol de la cabane un petit feu brulait, oh tout petit, quelques brindilles s'étaient enflammées.
Je réagis très vite, j'allumais un branchage qui servait à ma couche et mis le feu à la cabane.
Je pris mon balluchon sur le dos et je respirais pour m'obliger a rester calme, je ne donnerais l'alerte qu'à la dernière minute, puis je tacherais de profiter de la panique pour fuir.
La fumée commencait à envahir les lieux, mes yeux me piquaient, et j'avais du mal a respirer, je me décidais a appeler à l'aide.
Emplissant mes poumons autant que je le pouvais, je me mis à hurler.
La porte s'ouvrit très vite, je foncais en avant et bousculais mon geolier, un instant aveuglé par la fumée.
Je me mis a courrir comme une folle, en hurlant au feu comme une possédée afin de provoquer une panique.
Les gens commencaient a sortir de leurs habitations, je cherchait la meilleure direction quand on me stoppa net dans mon élan et qu'on me mit une main sur la bouche.
Violemment, je mordis la main, avant de reconnaitre Ewarm;
-" Tais toi, viens" me dit t'il en se frottant les doigts.
Il m'entraina rapidement vers un enclos ou se trouvait des chevaux.
"- Tu sais monter à cru?"
Je hochais la tête en signe d'assentiment. Rapidement, il mit une bride au cou d'un cheval, et lui donna une claque sur la croupe.
Le cheval s'emballa et parti au galop.
Desespérement, je m'accrochais et me laissait emporter.

(... a suivre...)
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Mon ami tu est folle dingo
brulons la c'est une sorciere
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chapitre III
Bringueballée plus qu'emportée par le cheval, je m'éloignais à grande vitesse de mon lieu de détention. J'attendis longtemps, et c'est la sueur sur le flanc de ma monture qui me fit m'arrêter.
Je descendis et caressais longuement la bête, nous étions à proximité d'un ruisseau, je le fis boire et avec une poignée d'herbe je le bouchonnais.
Ce n'est que là que mes nerfs lâchèrent, sans pudeur, j'étais seule, je me mis à sangloter, bruyamment, sans retenue.
je ne sais combien de temps je pleurais, le doux naseau de celui que j'appelais déjà mon compagnon me ramena à la réalité.
Je regardais un long moment mon nouvel ami.
"-Bon, nous voila bien mon vieux. Qu'allons nous faire à présent.
Quoi?
Ah, te trouver un nom. Réflechissons... Est ce que Salto te conviendrais? Oui? Bien, te voila baptisé!.
-Vous parlez seul mademoiselle?"
Instanatnnément, je me retournais, les mains en avant. Une brûlure commençais à envahir mes membres. Commencerais-je a contrôler mon pouvoir?
L'homme qui me faisait face était petit, très petit. Vétu de grossier vêtements de toiles il arborait un visage rubicond qu'éclairait un franc sourire.
"- Oulah, on se calme la magicienne, je ne te veux pas de mal.-Je ne suis pas magicienne et je ne sais pas qui vous êtes"
Le petit bonhomme éclata d'un rire qui me vexa.
"- Pas magicienne hein? Et ses mains en avant, rouge du feu qu'elles contiennent, et cette chevelure rousse, et cette rapidité de réaction.... Allons, calme toi impétueuse jeune personne, je suis inoffensif. Je m'appelle Osgard et je suis marchand ambulant. J'ai entendu ta voix, je suis venu voir s'il n'y avait pas une cliente pour moi."
Je baissais mes mains, toujours fermement tendues en avant.
"- Vous êtes marchand? Vous m'intéressez!
- Et de quoi aurais tu besoin jeune fille?
-Je ne suis pas une jeune fille je suis une femme d'abord! Et puis il me faut une épée et une armure."
Le marchand ouvrit de grands yeux, il me regarda, regarda ma stature, mon air de petit coq dressé et pouffa de rire.
"- Une épée et une armure? Toi?"
Et il se mit à rire, à rire, à chaque fois qu'il tentait de se calmer et que ses yeux se posaient sur moi ils riaient de plus belle.
"- Puis-je savoir pourquoi vous vous moquez? Je suis forte, et j'ai besoin de pouvoir me défendre!"
Entre deux hoquets il me répondit
"- Mais tu n'as besoin ni d'armure, ni d'épée puisque tu uses de magie
- Je n'use pas de magie" hurlais-je " Ou du moins, je ne crois pas..."
Le rire de l'homme s'arrêta instantanément.
"- Comment ca tu ne crois pas?"
Et parce que cet homme souriait et qu'il avait un visage honnête, parce qu'aussi je n'avais que 16 ans et que j'étais épuisée, je me confias a lui. Les étranges flammes qui sortaient de mes mains sans que je sache comment, ma communauté, mon bannissement, Torg, Ewarm, Salto....
Lorsqu'enfin je me tus, il ne riait plus du tout, au contraire, il me regardait avec un air grave.
"- Pauvre petite fille, je comprends ta détresse. Tu vas venir avec moi. D'abord, nous allons manger, puis nous irons au village de Pemgrim prendre une vraie nuit de sommeil. Demain, nous parlerons de ton avenir."
Je ne sais pas pourquoi je décidais de lui faire confiance, j'en avais sans doute terriblement besoin. Je le suivis, et après un copieux repas de viande séchée, nous nous mimes en route, lui avec son chariot, moi sur Salto qu'il avait équipé d'une selle.
Après trois heures de chevauché, nous arrivâmes en vue d’un village ceint d’un mur d’enceinte fait en rondins de bois.
Les deux gardes à l’entrée laissèrent rentrer Osgard sans lui poser de questions et il se dirigea vers l’intérieur de la ville sans hésitation. Il s’arréta devant une auberge appelé « le cerf cornu ». J’ouvrais de grands yeux, jamais encore je n’étais rentré dans un village et cet amoncellement de maisons ne cessait de me surprendre. J’étais bien sur, encore moins rentré dans une auberge.
Nous descendimes de nos montures et Osgard poussa la porte.et pénétra dans une grande salle avec des tables te des chaises, des cuivres étincelant pendait au mur. Un feu brulait dans une gigantesque cheminée.
-« Bonjour la compagnie, quelqu’un pour s’occuper de nos montures, deux chambres, un bain pour mademoiselle et nous prendrons, ce soir, notre repas ici. »
Un homme, brun et corpulent se précipita.
« - Bien maitre Osgard, Clarisse va vous conduire à vos chambres, le bain sera prèt dans 20 mnutes. »
Une jeune fille blonde et pâle qui devait avoir a peu près mon âge nous guida au premier après avoir fait une courbette devant Osgard.
Elle ouvrit deux portes et me désigna ma chambre. Un peu intimidée, j’entrais.
Je fus stupéfaite, ma chambre était spacieuse, et surtout, elle comportait un vrai lit. En riant, je me jettais dessus, je rebondis un peu sur le moelleux du matelas, ce qui me ravie.
Contre un mur, une sorte de coiffeuse avec un miroir. D’abord, je n’osais pas me regarder, jusqu'à présent, je ne m’étais vu que dans l’eau calme des lacs et les casseroles briquées de la mère Arrnante, notre cuisinière.
Intimidée, je m’approchais de l’objet de ma curiosité, et enfin, je me décidais à me regarder.
Ce que je vis me fit à moitié plaisir. Une espèce de sauvageonne, au cheveux oranges et emmêles me regardait. Elle avait les yeux de la couleur d’un lac en été quand le ciel se reflète à sa surface, les pommettes hautes, la bouche petite, mais bien dessinée exquissait une moue boudeuse.
Je me détournait, ainsi, je ressemblais a ca, une petite fille sauvage. Je soupirais…
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A ce moment là, on frappa à la porte de ma chambre, je répondis et deux hommes entrèrent, peinant sous le poids d’une énorme cuve. Clarisse les suivait. Elle disposa dans le fond de la cuve un tissu blanc pendant que les hommes revenaient avec des brocs d’eau fumantes.
Au bout d’un petit moment j’avais devant moi un bain que je jugeais digne d’une princesse.
Clarisse versa dedans le contenu d’un petit flacon et la pièce se mit à embaumer le pin et la menthe.
Clarisse semblait attendre quelque chose.
« - Que voulez vous mademoiselle ? » demandais-je
« - Que vous vouliez bien vous déshabiller afin que je puisse vous laver
-Me laver, vous voulez me laver ?
-Bien sur, cela fait partie de mes attributions »

Un peu gênée, je me déshabillais et rentrais dans l’eau,. Je me brûlais un peu, mais bientôt, la caresse de l’eau devint un véritable délice. Il me semblait que je me vidais de ma fatigue et de mes soucis .
Avec bonheur, je plongeais ma tête dans l’eau afin de me mouiller les cheveux. Je me redressais, suffoquante et riante comme une petite fille.
Clarisse me regardait, je n’étais plus gênée par son regard<. Elle avait à la main une grosse éponge, elle s’approcha de moi, et plongeant l’éponge dans l’eau, elle l’enduit de savons et commença à me laver.
Je fermais les yeux sous la caresse. On ne s’était jamais occupé de moi comme cela. Clarisse passait l’éponge sur mes épaules et le haut de mon dos, appuyant un peu, me faisant ainsi un délectable massage. Puis elle me demanda de me lever, j’obéis afin qu’elle puisse me laver le reste du corps. Je sursautais un peu lorsqu’elle atteint le bas de mon ventre, mais elle n’insista pas devant ma réaction.
Puis elle me fit rasseoir et commença à me laver les cheveux. Elle insista longuement sur ceux ci, et moi, gamine, je lui envoyais la mousse qui me coulait sur le visage. Elle finit aussi trempée que moi, et lorsqu’elle m’enveloppa dans une grande serviette préalablement chauffée près du poêle, nous riions toutes les deux à gorges déployées.
Lorsque j’eus finis de me sécher, je fis tomber la serviette à mes pieds. Soudain sérieuse, Clarisse me regarda longuement.
« - qu’as tu à me regarder ainsi ?
- Je vous trouve très jolie mademoiselle. »
- Jolie ? je fus interloquée. Personne n’avait jamais songé à me trouver jolie. Les garcons de la communauté m’avaient certes fait des compliments, mais je les avaient toujours pris comme une atteinte à ma pudeur.
- Clarisse décrocha la glace du mur et l’éloigna, que je puisse me voir entière. Je m’examinais nue pour la première fois. Non, je n’étais pas grande. Mes jambes étaient fuselées et musclées a force de courses dans les bois. J’avais le ventre musclé aussi, et très plat, ce qui pour moi était un défaut, les hommes de chez moi préférant les femmes rondes. Mes seins étaient hauts, et ronds et j’avais les épaules un peu trop carrées, mes pieds par contre, étaient petits.
Je ris de nouveau.
« - Allons Clarisse, j’ai froid et je ne suis pas si jolie que ca, je vais m’habiller » dis je en saissisant ma besace.
-« -Attendez, , attendez une seconde je reviens. »

Je m’enveloppais dans une couverture et attendis. Au bout de quelques minutes Clarisse reveint. Elle portais au bout du bras la robe la plus somptueuse que je n’avais jamais vue. Rouge, cette robe était étroite en haut, avec un large jupon qui s’évasait. Elle était brodée de petite dentelle au col et aux manches, qui étaient étroites.
Je sais maintenant que c’était une robe assez simple, pour une bourgeoise, mais pour moi, habituée à mes amples tunique droite, c’était une robe de reine.
« - Mettez la mademoiselle. Une dame l’a laissé pour moi, mais je n’aurais jamais l’occasion d »e la mettre. Elle vous ira si bien. »
Rougissante, j’acceptais, les yeux brillants d’envie . Clarisse m’aida à m’habiller. N’était-ce pas le plus beau jour de ma vie ?
Elle termina en me mettant un peu de khol noir sur les paupières et un tout petit peu d'un rouge sombre sur mes lèvres.
Je n'étais plus moi même lorsque je me regardais, la sauvageonne ressemblait à une femme
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Je descendais dans la salle commune. Il y avait déjà du monde attablé pour le repas du soir. Je cherchais Osgard des yeux, il était à une table préparée pour deux personnes.
Je m'approchais, à ma vue, un imperceptible sourire naquit sur son visage, je l'entendis murmurer "- Je le savais".
Il ne fit aucun commentaires sur mon aspect, et commanda le repas. Clarisse vint nous servir, une lueur d'amusement dans les yeux lorsqu'elle me regardait.
Le repas était succulent, nous eûmes une soupe épaisse et très chaude, puis de la volaille accompagnée de champignons et de navets, un succulent fromage et enfin une tarte aux pommes exquise.
Nous discutions, Osgard et moi et il me racontait son métier. Les voyages a travers le pays pour trouver des marchandises, les marché, les dernières modes.
Après le repas, on nous servit un drôle de vin épicé que j'appris être de l'hypocras.C'était un délice, et tout en bavardant, je buvais sans me rendre compte que je n'étais pas habituée à l'alcool.
Mon compagnon me racontait des détails amusant et je riais un peu fort, quand tout à coup j'entendis une voix familière pousser un cri. Je me retournais, Clarisse était sur les genoux d'un homme qui la tenait, elle tentait de de dépêtrer des mains trop entreprenantes.
Furieuse, je me levais. J'entendis vaguement Osgard me dire de m'asseoir, trop tard.
"- Lachez la" Criais-je.
L'homme me lança un regard narquois.
"- De quoi te mêles tu péronnelle?
-Je vous ai dit de la lâcher, ou je me fâche.
Aussitôt, tous les hommes dans la salle se mirent à rire. je sentis le rouge me monter aux joues et un froid glacial m'engourdis les membres alors que je levais les mains dans un geste qui commençait à m'être familier.
Je prononçais quelques paroles venues du fond de mon esprit et une étincelle bleue qui me glaça les doigts partie en direction de l'homme. Clarisse tomba de ses genoux au moment ou il se figea, couvert de givre.
"- D'autres amateurs? "
Les clients se retournèrent vers leur table, plongeant le nez dans leur verre. L'auberge semblait plongée dans le silence.
Un peu étourdie, je tombais assise sur ma chaise.
Osgard fit signe à Clarisse.
"- Met le près du feu, avec une couverture, il ne risque rien qu'un gros rhume, je vais coucher cette demoiselle."
Osgard me prit par le bras et m'entraina à l'étage. Je le suivais, docile et éberluée

Nous arrivames dans ma chambre, Osgard m'aida à délacer ma robe et je ne réagit même pas à ce geste trop familier. Une fois en chemise, je me glissais dans mon lit, en poussant un soupir de bonheur.
Osgard me regardait, l'air soucieux.
"- Bon jeune fille, maintenant, il n'y a plus de doutes, tu es magicienne, maintenant, raconte moi ta vie."
Je lui exposais le récit de ma courte existence, rapidement, déja dans un semi sommeil, malgré les couvertures, j'étais glacée.
Lorsque j'eus fini, le petit homme me borda soigneusement."- Demain, nous allons voir Magnus"
Sur ces paroles enigmatiques, je m'endormais d'un sommeil de plomb.


(... à suivre...)
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Chapitre 4


Je me reveillais le lendemain, fraiche et dispose. Je remis mes vieux habits et regardais avec nostalgie la jolie robe que j’avais étalée sur mon lit.
Je descendis dans la salle commune. Une odeur de lait chaud m’accueillis. Clarisse vint m’en servir un grand bol avec une miche de pain et une motte de beurre.
Osgard descendit peu après, habillés de pied en cap de ses habits de voyage.
« - Sariel, nous partons, je t’attends vers les chevaux. »
Je me dépèchais d’avaler mon petit déjeuner et montait prendre ma besace. En partant, je déposais un gros baiser sur la joue de Clarisse, qui à ma grande surprise fondit en larmes.
« - Au revoir mademoiselle, prenez soin de vous. Ici, vous aurez toujours un havre de paix si vous en avez besoin. »
Je rejoignis mon compagnon dans la cour et retrouvais Salto avec plaisir.
Nous chevauchâmes longtemps. Nous fîmes une courte pause à midi. Osgard était silencieux et je n’osais troubler ses réflexions.
A la tombée du jour, j’étais éreintée, mes cuisses étaient douloureuses et je me demandais quand arriverais la fin de ce voyage monotone.
Nous traversions une plaine, au loin, le soleil se couchait, laissant des trainées rouge sang dans le ciel.
Le paysage était lugubre, nous étions entourés d’une sorte de massif de basses montagnes dont les silhouettes noires se dressaient, menaçantes.
Osgard ralenti l’allure, puis s’arréta tout à fait, le regard fixé sur un point devant lui. Je suivais son regard.
Sur la montagne la plus proche, accrochée à mi hauteur, un petit castel se dressait.
Le corps principal n’était pas grand, mais la tour était immense. Mais le plus étonnant était que tout autour du batiment, jusqu'à mi hauteur une sorte de brume flottait. Pourtant, nul part ailleurs le brouillard ne s’était levé. Je me retournais vers Osgard. Il poussa un profond soupir et remit ses bètes en route en direction de la batisse.

Plus nous avancions, plus la brume était dense, et lorsqu’enfin nous arrivames au pied de la tour, je ne distinguais que la masse imposante d’une porte immense en bois sombre. Osgard prononça quelques mots que je ne compris pas et un grincement sinistre se fit entendre alors que la porte s’ouvrait. J’avais du mal a tenir Salto dont je sentais la flancs frémissants sous mes cuisses. Je m’aperçus que moi même je tremblais.
Arrivé à l’intérieur d’une grande cour entouré de batiment, avec a notre gauche la tour monumentale Osgard arréta son chariot.
Il faisait glacial malgré le printemps, bien plus froid qu’a l’extérieur.
Il n’y avait âme qui vive en ces murs semblaient t’il.
Je descendis de Salto dont je flattais l’encolure, autant pour me rassurer que pour rassurer ma monture. Et lorsque je me retournais vers l’entrée principal du batiment, je ne pus m’empecher de faire un pas en arrière. Devant nous, se tenait une vieille femme dont la description était bien proche des sorcières évoquées dans mes légendes d’enfants.
Elle était habillée de noir de pied en cape, son nez était long et ses cheveux filasses et, en désordre étaient blancs avec des mèches noires. Elle semblait ne pas avoir d’âge et ses yeux étaient noirs et profondement enfoncés dans les orbites.
Elle se dirigea vers nous et nous salua d’un signe de tête, puis sans un mot nous précéda à l’intérieur.
Je serrais ma cape autour de mes épaules en entrant. Etais-ce possible qu’il fasse aussi froid ? Nous étions dans un grand hall, vide, à l’exception d’un grand escalier et de portes de chaque coté d’un long corridor qui s’enfonçait dans les profondeurs de la bâtisse
La femme monta l’escalier et nous la suivîmes. Il y avait une lumière qui semblait s’allumer au fur et à mesure que nous montions, mais j’étais incapable de savoir d’ou elle provenait. Il n’y avait ni torches ni chandelles..
Instinctivement je me rapprochais d’Osgard et ne le lachait pas d’une semelle.
La montée me paru interminable, on aurait dit que l’escalier grandissait à mesure que nous le gravissions.
Enfin, nous avons débouché sur un immense pallier. Au mur, des tableaux étaient accrochés représentant des personnages tous plus patibulaires les uns que les autres dont le regard semblait nous suivre.
Notre guide pris le couloir de gauche. Il y avait de nombreuses portes, j’en comptais 10 avant que nous arrivions devant l’une d’elle que la femme ouvrit. Elle nous fit signe d’entrer, et là, mon cœur rata un battement.
La pièce était sombre, simplement éclairée par des lueurs verdâtres qui provenaient de liquides bouillonnants dans ce que je sus plus tard être des cornues. Un incommensurable nombre de récipient, fioles, verres, tuyaux encombraient un espace restreint. Des bocaux, alignés sur des étagères branlantes contre les murs, contenaient des choses, flottant dans un liquide vert.
Mon coeur se leva. Dans ces bocaux, il y avait des êtres tous plus affreux les uns que les autres. Rats déformés, foetus humain, oeil globuleux, chauves souris....
Au fond de cet imbroglio, nous tournant le dos se trouvait une silhouette immense, enveloppée dans une cape noire.
Au son de la porte, la silhouette se retourna. Je retins un cri.
Un homme, mais pouvait t'on qualifier d'homme l'être qui me faisait face. Maigre, à la limite du décharné, un visage en lame de couteau avec des lèvres minces, Des yeux, noir comme la nuit et brillant d'une lueur inquiétante, un nez immense et pointu.
Le corps, aussi décharné que le visage était simplement vêtu de vêtement en toile noire aussi. Des jambes et des bras démesurées avec des mains immenses.
Son regard noir se fixa sur Osgard, il le salua d'un signe de tête. Puis ses yeux se posèrent sur moi. J'eus la désagréable sensation qu'il essayait de sonder mon âme, je tentais de fermer mon esprit mais en vain. Cet homme, j'en avais la certitude savait déja tout sur moi. Un sourire naquit sur son visage, faisant apparaitre des dents d'une blancheur rare.
"- Bonjour Mademoiselle sariel Danaë"
Je fus stupéfaite, d'abord par sa voix, chaude, rauque, à la limite du sensuel, puis par ses paroles, comment pouvait il connaitre mon prénom, et surtout mon nom que je n'avais encore révélé à personne.
Mon incommensurable fierté reprit le dessus, sans doute pour lutter contre la panique qui m'envahissait devant les pouvoirs du personnage.
"- Bien, vous connaissez mon nom, parfait, puis je connaitre le votre et savoir qui vous êtes?"
Je sentis Osgard frissonner derrière moi et pousser un juron.
L'homme me regarda et se mit à rire, d'un rire qui me glaça le sang, d'un rire qui semblait résonner et faire trembler les appareils en verre.
Je sentis le rouge me monter aux joues.
"- Sachez Monsieur que je déteste que l'on se moque de moi, et que cela provoque souvent des catastrophes!"
Je tentais alors pour la première fois d'user de ma magie de façon volontaire. Je tendais mes mains et me concentrais. L'homme rit plus fort encore.
"- Pas de ça avec moi petite" dit il soudain d'un ton redevenu froid.
Je le regardais, furieuse, mais aucun sort ne sortit de mes mains, aucun mots ne me vinrent à l'esprit. J'étais comme paralysée de l'intérieur, vide. Impuissante,je baissais les bras.
"- C'est mieux ainsi. Alors Osgard, on dirait que tu m'amène un phénomène cette fois ci.
-Je ne suis pas un phénomène!" hurlais-je
L'homme poussa un long soupir auquel répondit en écho celui que poussa Osgard.
"- Venez, allons discuter ailleurs."

Nous sortîmes de la pièce pour nous diriger vers une porte à droite dans le couloir. Je m'attendais a tout, mais une fois encore, lorsque la porte fut ouverte j'eus le souffle coupé.
La pièce qui se présentais à mes yeux étaient ronde, complètement, sur le pourtour il y avait 4 cheminées dans lesquelles brûlaient un feu d'enfer. Tout autour des murs, un immense fauteuil faisait le tour de la pièce, et devant ce fauteuil se trouvait par endroit, vers les cheminées des tables chargées de boissons et de nourritures. Au centre, il y avait un arbre, un arbre immense dont le feuillage, qui se balançait au gré d'un vent chaud, couvrait le plafond.
Magnus entra et s'installa devant l'une des cheminée, sur le fauteuil, Osgard prit place à sa droite et je m'asseyais a terre devant eux.
La voix rauque s'éleva de nouveau en s'adressant à Osgard
"- Alors, qui est elle?
- Je ne sais pas" répondit mon ami
-" Je suis Sariel Danaë, fille de Percy Danaë et de Malènia, et j'aimerais qu'on évite de parler de moi à la troisième personne quand je suis présente!"
Le regard du magicien s'obscurcit
"- Tu es la fille de Malènia? Ou est ta mère?
-Je n'en sais rien, elle est parti après ma naissance, mais vous connaissez ma mère?
-Je l'ai bien connu en effet. Elle fut mon élève. Oh pas longtemps. Une écervelée qui se servait de son don à tort et a travers. Douée, très douée, mais incapable de se discipliner. Et il semblerait bien que tu lui ressemble jeune donzelle!"
J'allais répliquer vertement mais un regard d'Osgard m'en empêcha. Il prit la parole.
"- Ainsi,elle est bien magicienne, et sa magie lui viendrait de sa mère.
- Sans aucun doute, mais dis moi Osgard, que puis je faire pour toi?
-Je veux que tu prennes Sariel comme élève afin de lui apprendre à maitriser son don.
- Quoi, recommencer comme avec sa mère pour avoir a subir de nouveau un échec, pour supporter de nouveau les caprices d'une gamine désobéissante. Non, jamais!
-Mais tu ne la connais pas, rien ne dit qu'elle est comme sa mère.
- Si, son regard, regarde ses yeux, elle est fière, butée.
Je la pense intelligente et courageuse, mais rebelle a toute forme d'autorité. Hors si elle devenait mon élève, elle devrait n'obéir aveuglement, je ne l'en croit pas capable.
-Je ne veux pas rester avec cet homme" dis je.
"- je ne veux pas lui obéir, je n resterais d'ailleurs pas une minute de plus ici, pas avec quelqu'un qui insulte ma mère en tout cas!"
Je me levais, bien décidée a partir Mais Magnus leva les mains en prononçant u mot et je me retrouvais incapable de bouger. Poussantr un juron fort peu seyant pour une jeune fille, je tentais de bander mes muscles pour me libérer, ma respiration s'accéléra et je sentis en moi un flux de chaleur. Tout mon corps se mit à me brûler atrocement, je poussais un cri et, libérée, je m'écroulais au sol, prostrée de douleur.
La réaction de Magnus fut étonnante, il se leva, éberlué et me regarda longuement, il posa la main sur moi, regarda Osgard.
"- Je la prend comme élève"
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Chapitre 5

On m ‘alloua une chambre dans l’aile gauche du bâtiment, le lit était splendide et il me semblait dormir sur un nuage. Seul détail, la chambre était tendue de draperie de soie noire, ce qui me mit un peu mal à l’aise les premiers temps.
Le repas du soir fut pris dans une petite cuisine surchauffée, et ne comportait qu’Osgard et moi, servis par la vieille femme que j’apprit s’appeler Mitra.
Mon compagnon et moi eumes une discussion orageuse, il me demandait instamment de rester ici, et d’apprendre avec Magnus, je refusais d’abord de toutes mes forces, puis il me persuada, avançant comme arguments que je ne pouvais continuer à nier mes pouvoirs et à m’en servir n’importe comment. Il devait partir le lendemain, faire les foires d’été, mais il me promit de repasser le plus souvent possible me voir.
J’étais inquiète. Osgard représentait la sécurité et une forme de quiétude pour moi, rester en ces murs ne me disait rien qui vaille, mais je savais que le marchand ne m’aurait pas emmené dans un lieu ou je risquais de courir le moindre danger .
J’allaiss me coucher en proie a de nombreux doutes et à d’innombrables questions.
Je me réveillais le lendemain au son d’une douce musique dont je ne pus déterminer la provenance.
J’enfilais rapidement une tunique propre et descendit dans la cuisine que j’eus du mal à retrouver.
Osgard était déjà debout et prèt, nos adieux furent touchants, je ne pensais pas m’être tellement attachée a lui.
Je déjeunais, essuyant mes yeux rageusement, allons, je n’allais pas jouer à la petite fille, quand Magnus fit son entrée.
Cet homme me glaçait les sangs. Sans un mot, il me fit signe de me lever, j’allais protester mais je me dit qu’il était inutile de débuter nos rapports par une colère.
Les jours qui suivirent furent les plus éprouvants de ma courte existence. Magnus me fit travailler sans relâche. Apprendre des formules, des potions, tenter de jeter des sorts jusqu'à tomber d’épuisement. Mais le plus éprouvant était les séances ou je m’entraînais a résister à ses propres sorts. Je sortais meurtrie, blessée, brisée de fatigue et de douleurs, brûlée parfois. Il me soignait alors d’une passe magique qui enlevait les plaies mais ne supprimait pas la douleur.
Avec moi, il était dur, jamais un mot d’encouragement, jamais un compliment, jamais une parole gentille, d’ailleurs, en guise de paroles il ne disait que le strict nécessaire. La nuit, au lieu de me reposer, je lisais des grimoires, que je devais lui réciter au matin.
Mitra aussi était sur mon dos, sous prétexte que maintenant nous étions trois, je devais participer aux tâches ménagères et à la cuisine.
Parfois, des invités venaient, que je n’avais pas le droit de voir.
Souvent, je pleurais, de rage, de douleur, de solitude et de fatigue. Mais je cachais mes larmes, trop fière pour admettre que je craquais.
Partir ? J’y pensais, mais la découverte de mes pouvoirs était la seule compensation à ces tortures, je m’y accrochais de toutes mes forces, et chaque pas gagnés sur la magie étaient une victoire et un espoir.
Je n’avais aucun moyen de savoir si j’avançais. Les sorts de feux et de glace que je maîtrisais maintenant me faisaient toujours aussi mal, et lorsque j’interrogeais Magnus, j’avais droit à un regard furibond ou à un sourire sarcastique qui ne m’apprenait rien.
Un soir, je m’endormais dans mon lit, entouré de grimoires et ne me réveillais pas le matin. Je sentis vaguement, pendant quelques temps, dans une semi- inconscience traversée de rêves angoissants, que l’on s’occupait de moi. Que l’on me mettait des compresses sur mon front brûlant, que l’on me recouvrait. Parfois, l’odeur d’un bouillon de légumes me ramenait à la réalité, j’en avalait quelques gorgées et retombait dans une bienheureuse inconscience synonyme de repos.
Lorsque je pus me lever, je fis quelques pas dans le parc, aidée par une Mitra étonnamment douce.
Puis le travail reprit, Magnus me semblait moins sévère, a moins que ce soit moi qui soit devenue plus dure avec moi même. J’étais habitée par une rage de réussir, pour que tout cela s’arrête, que je puisse enfin partir d’ici.
Parfois, je surprenais un sourire sur le visage de mon maître lorsque je réussissais, j’en tirais une grande fierté. Je me raccrochais a tout ce que je pouvais.
Contrairement à ce que j’avais pensé, les sorts étaient moins douloureux, malgré ma santé affaiblie et mon corps amaigri.

Un jour, au bout de deux mois je pense, Osgard vint nous rendre visite. Je vis tout de suite dans son regard une inquiétude lorsqu’il m’aperçut. Je le serrais contre moi, heureuse de retrouver un peu de chaleur humaine. Je le laissais aller saluer magnus et me précipitais dans la salle des étuves ou il avait un miroir. Entièrement absorbée par mes études , je n’avais plus regardé mon apparence depuis des semaines.
L’image que me renvoya la glace me stupéfia. Je n’avais plus devant moi la petite écervelée que j’avais contemplé pour la première fois il y avait peu. Mais une femme, au regard dur ; aux muscles noués et à l’expression déterminée. Mes cheveux étaient dans un désordre indescriptible. Je les attachais en catastrophe le matin avant mes leçons.
Mes yeux étaient cernés, et avaient perdu leur candeur. Un grand plis soucieux barrait mon front, et il me semblait ne plus savoir ni rire, ni sourire.
Ma tunique, je n’en avais que deux que j’alternais, était grise, rapiécée et brûlée par endroit.
Je me précipitais dans le cellier ou je savais trouver Mitra.
« - Je veux prendre un bain, me laver la tête et avoir une tunique neuve.
- Ben voyons, rien que ca jeune demoiselle !. »
Et avec une grande tendresse dans le regard, elle m’entraina de nouveau vers les étuves.
Jze m’interrogeais. Comment et quand cette femme si dure m’avait prise en amitié ? Je n’essayais pas de répondre a cette question, j’avais trop besoin de me sentir un peu aimée.
Par un moyen magique, je ne l’avais encore jamais vu utiliser la magie, elle chauffa l’eau de bain et me donna savon et serviette.. Je n’avais pas les douces caresses de Clarisse, mais ce bain agit sur moi comme un baume bienfaiteur. Je me laissais aller à pleurer comme une enfant, longtemps, avec de longs sanglots que je ne controlait pas.
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Lorsque je me calmais enfin, Magnus était devant moi. J’eus un geste de pudeur absurde, je ne craignais rien de cet homme. Je me décidais à le regarder dans les yeux.
Longtemps nous restions ainsi, yeux dans les yeux, moi nue et frissonnante, lui debout et hiératique.
Il prit la parole, sa voix était voilée, plus rauque que d’habitude.
»- Sariel ? »
c’était la première fois qu’il m’appelait par mon prénom.
« - Sariel, trouves tu que je te traite mal ?
Je ne savais que répondre, me traitait-il mal ? Il était dur, sévère, exigeant, mais il ne me traitait pas mal.
« - Non, je ne trouve pas
- Trouves tu que mon enseignement est trop dur ?
- - Non, je ne pense pas.
- Bien, écoute moi bien Sariel, je ne me répéterais pas. Tu es douée, très douée et tu as le caractère suffisamment fort pour devenir une grande magicienne. Mais il te faudra encore travailler très dur. Nous allons bientôt aborder la nécromancie, ce que tu as appris jusque la, n’est rien, rien du tout comparé a ce que tu vas commencer maintenant. T’en sens tu la force ?
- Je ne sais pas, je ne peux, pas encore, augurer de l’avenir. »
Il eut cet espèce de rire métallique qui me glaçait.
« - Je ne t’apprendrais pas a augurer de l’avenir Sariel, ca tu le demanderas à Mitra, c’est son domaine. Moi j’apprends la vraie magie, celle que tu puises au fond de toi, pas au fond de quelques marc de café ou d’entrailles de chevreau. Mais revenons en à la vraie question. Veux-tu continuer à être mon élève ? »
Mon avenir était contenue dans cette question, avais-je déjà vraiment réfléchi à mon avenir, que voulais-je faire, que désirais-je devenir vraiment ? Non, je n’avais pas de réponses à ces questions, je levais la tête, cherchant inutilement une réponse dans les volutes du bois du plafond. Je sentais la présence de Magnus comme un ultimatum. Tout, a coup, il me sembla que mes yeux se brouillaient, le plafond sembla se couvrir de brume, puis la brume se déchira et je hurlais. Devant moi, comme un tableau vivant peint au dessus de moi, je me vis, plus âgée, entourée d’une aura bleue, les bras au ciel, avec tout autour de moi une guerre, des hommes mutilés, des femmes qui hurlaient, des enfants qui fuyaient. Puis le plafond redevint noir. Je baissais les yeux, devant moi, Magnus souriait.
« - Je reste » dis je en me levant, indifférente à ma nudité. L’homme, me regarda un instant, une lueur que je ne pus définir dans les yeux, me tendit une serviette et sortit, non sans avoir fait un geste en direction du petit banc ou était posés mes vêtements. Je regardais, une robe se trouvait à la place de ma vielle tunique, elle était en soie, et noire comme la nuit.
Je passais une journée de repos fabuleuse en compagnie d'Osgard. Je tachais d'oublier ma fatigue, et surtout, je refusais de m'occuper de la lueur d'inquiétude dans les yeux de mon ami. Je lui assurais que tout allait bien, que j'apprenais vite et sans difficultés.
Il resta la nuit, Mitra nous avait préparé un succulent repas que j'appréciais à sa juste valeur, moi qui n'avait ordinairement le temps que d'avaler un bout de pain et de fromage.
Au moment de partir, Osgard me serra contre son coeur, et m'embrassa avec douceur sur le front. Puis il me tendit un petit coffret, en guise de cadeau me dit-il la voix rauque.
Je le regardais partir, les yeux pleins de larmes que j'essuyais d'un geste rageur avant de retourner au travail, le coffret, que je n'avais pas encore ouvert, dans mon escarcelle comme un talisman de courage.

La nécromancie, l'art sombre, la magie obscure.
Je me révoltais dés le début. Cette magie, m'atteignait dans la chair, mais aussi dans l'âme. jamais je ne me réchauffais, mes nuits étaient peuplés de cauchemars.
Les pauvres petits animaux que je devais vider de leur substance d'énergie vitale, les sorts de maladie que je jetais sur des plantes qui flétrissaient à mon contact, l'odeur de souffre et de sanie qui accompagnait chaque sorts et chaque composants de sorts.
Un jour Magnus vint dans la pièce de travail, pièce tendue de velours rouge surmontée d'un ciel d'orage artificiel. Pièce vide comme mon coeur, glaciale comme mon âme.
Il n'était pas seul, ce jour la, un jeune garçon d'une quinzaine d'année l'accompagnait. Le regard vide de l'enfant me dit qu'il avait été drogué. Je frissonnais. Magnus voulait visiblement que je passe aux travaux pratiques sur un être humain.
je refusais tout net, je me mis dans une colère noire, dévastatrice, je hurlais, toute ma haine, toute ma rancoeur a cet homme froid et impitoyable. puis, dans un sursaut de rage, que ne contrôlais pas je m'acharnais sur Magnus, lui lançant tous les sorts que je connaissais.
Un terrible combat s'engagea entre nous, protections contre attaques.
Je me rendais bien compte que l'homme n'utilisait pas toute sa puissance contre moi, mais rien ne pouvait m'arrêter, je voulais la mort, la souffrance de mon bourreau.
Il eut, bien sur, raison de moi. Je finis, prostrée au sol, brûlée, vidée d'énergie, couverte de plaies sanguinolentes dues à la
glace, je n'avais plus ni cils, ni sourcils.
mais j'eus la satisfaction de voir que Magnus semblait fatiguée aussi, son regard était voilée et sa cape était en lambeaux.
Au fond de la pièce, au sol, gisait le garçon qui nous regardait, terrifie.
Puis, sans comprendre, estomaquée, je vis un lent sourire se dessiner sur les lèvres de mon maitre. Il me releva, en douceur et me poussa vers la porte. je me précipitais vers ma chambre, incapable de contenir mes nerfs plus longtemps je pleurais sur ma terreur et mon dégoût de moi même.

Je me précipitais à la fenêtre, et je vomis à longs traits.
Je fis précipitamment mon sac, les yeux brouillés, l'esprit en perdition.J'étais bouleversé, je n'avais rien contrôle, j'avais attaqué, sans remords, sans états d'âme, sans réflexion. J'avais laissé aller mon instinct alors que je maitrisais l'art magique, j'étais devenue dangereuse. Je sentais que ma folie de tout à l'heure pourrait se réveiller à la moindre injustice, la moindre colère, le moindre dégoût.
Magnus avait mis entre mes mains une arme que je ne saurais maitriser, il fallait que je m'éloigne de lui, que je m'éloigne tout court, que je digère ce savoir trop puissant qui me donnait la nausée. Je ne voulais pas être ce que j'étais en train de devenir.
Pour la première fois depuis des mois, je pleurais en appelant mon père. Le spectre de ma mère était trop lourd a porter.
Je descendis à la cuisine. Mitra m'avait préparé - comment avait elle su?- un panier contenant de la nourriture. Je regardais cette femme avec qui je vivais depuis près de 4 mois sans lui avoir jamais vraiment parlé.
Elle me serra les mains et me glissa un petit sac en cuir autour du cou.
Je sortis, dans la grande cour brumeuse, je levais les yeux, un visage encapuchonné me regardait par une fenêtre, je fus tenté de faire un signe, après tout, il m'avait appris tout ce que je savais, puis renonçais.
Il faisait frais, nous étions presque en novembre. Je rabattais sur moi les pans de ma cape et franchis le pont-levis qui s'ouvrit devant moi dans un grincement sinistre, comme ma vie...
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chapitre 6
Je voyageais longtemps, dormant parfois en ville, parfois dans une grange.
Au début, j'avais été tentée de rejoindre Clarisse, puis je pensais qu'elle m'avait oublié alors qu'elle vivait en moi comme une boule de chaleur.
Salto suffisait à combler ma solitude, et rares étaient ceux qui osaient, lorsque je m'arrêtais à l'auberge, aborder cette fille à l'air peu engageant.
Au bout d'un mois environ, un mois d'errance ou je me refusais à utiliser toute magie, je m'aperçus que l'agent que m'avait donné Osgard fondait à vue d'oeil. Je l'avais d'ailleurs en grande partie utilisé pour me procurer une cape plus chaude.
Un jour, je me décidais à ouvrir le petit coffret qu'il m'avait laissé lors de sa dernière visite. Sur un fond de velours rouge, comme une goutte de sang, brillait une larme de rubis monté sur une grosse chaine d'argent. Je mis le bijou autour de mon cou, le rubis s'enfouit au creux de mes seins, au chaud, comme un coeur protecteur.
Un soir, je m'étais arrêté à une auberge, dans un gros bourg. je dépensais ma dernière pièce d'or pour un repas chaud, et un lit. Nous étions en décembre et ma situation devenait précaire. je devais trouver de quoi survivre.
Etre fille d'auberge? Je ne le supporterais pas. Devenir lectrice ou dame de compagnie? Mon caractère était trop farouche pour que je reste enfermée entre quatre murs.
j'en étais la, a tourner et retourner des idées noires lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit violemment.
Trois hommes entrèrent en trombe. Ils semblaient épuisés, leur vêtements étaient gris de poussière et dans la chiche lueur dispensé par le feu, leur mine prenait des allures patibulaires.
Deux d'entre eux étaient en armures, et je remarquais bien vite, qu'en fait, il soutenait le troisième, qui tenait a peine debout sur ses jambes.
celui qui semblait être le plus jeune cria.
"- Un guérisseur, vite, quelqu'un!"
Je me levais aussitôt.
En me levant je fis tomber ma chaise, ce qui attira l'attention des hommes sur moi.
"- Ammenez le là, je vais m'en occuper" dis je d'une voix ferme.
Je poussais d'un revers de bras les restes qui trainaient sur la table et étalais ma cape sur la couche improvisée.
"- Couchez le là"
Les hommes semblèrent convaincus par mon air décidé et ils installèrent leur compagnon.
Un cercle commençait à se faire autour de nous, je leur fit signe d'écarter les curieux et me penchais sur le blessé.
Sa respiration était sifflante et une large entaille déchirait son pourpoint de cuir.
Avec des gestes très doux, je ne connaissait pas l'importance de la blessure, je me mit en devoir de le déshabiller.
"- De l'eau, chaude, des linges, vite!"
La plaie qui lui barrait la poitrine n'était pas belle. Je reconnus aussitôt la large griffure d'un fauve, un puma, ou un lynx peut être. mais visiblement, l'homme avait chuté de son cheval, en plus et il avait des côtes cassées.
Machinalement, je mis mes mains au dessus de sa plaie et commençais à incanter.
je m'arrêtais net. Une fine sueur vint me couler le long du dos.
Et si je me trompais, j'étais seule, Magnus n'était pas la pour réparer une éventuelle bêtise.
Allons, ce n'est pas la première fois que tu soignes me disais-je à moi même. Avec la magie, si. Je connaissais les plantes, mais là il fallait faire vite, je n'avais pas droit à l'erreur.
Un râle venant de mon patient me ramena à la réalité. Je jetais un coup d'oeil autour de moi et vis plusieurs visages, dirigés vers moi, qui attendait de moi que j'agisse.
Je fermais les yeux un instant et commençait à murmurer les paroles adéquates. Une chaleur enfla en moi, je sentais que je puisais dans mon énergie pour en donner à cet homme.
De mes mains, une lueur bleue commença à irradier, je respirais fort. J'entendis, vaguement, des murmures autour de moi. Je n'osais ouvrir les yeux, peut-être étais je en train de le tuer.
Finalement, je dus relâcher ma concentration, j'étais épuisée
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J'ouvris brutalement les yeux et sentis quelqu'un me retenir pour ne pas que je tombe.
Je regardais, enfin, ce que j'avais fait. L'homme respirait plus paisiblement et sa plaie était propre, encore présente, mais propre et saine. Je pris sur moi, attrapais un linge a portée de main et fis un pansement de fortune. j'entrepris ensuite de bander le torse du blessé afin de le maintenir et que ses côtes ne bougent pas. je ne savais absolument pas si mon sort avait agi sur les os.
"- Allez le coucher, il a besoin de repos à présent." dis je dans un souffle. Puis, au grand étonnement de tout le monde, je fondis en larmes et me sauvait en courant dans la rue.
Une fois dehors, je tentais de me calmer. mes nerfs avaient lâches, j'étais trop fragile, j'avais eu trop peur. mais je l'avais sauvé...Une grande paix m'envahit soudain. Je n'étais peu être pas complètement perdue, je savais soigner. Si je me cantonnais à cela, la magie ne me briserais pas, il suffisait que je n'emploie mon art que dans le but de guérir.
Je retournais à l'intérieur. Les conversations cessèrent à mon entrée. Le blessé n'était plus la, sans doute l'avait on monté dans une chambre. mais ses compagnons étaient attablés et l'un deux se leva pour se diriger vers moi et m'inviter à leur table.
Je pris place, on me commanda un verre de lait.
J'eus enfin le loisir de les examiner. Ils étaient tous les deux grands, musclés. Leur visage étaient bronzés, preuve qu'ils vivaient au grand air. Le plus vieux devait avoir une quarantaine d'années, un visage marqué et viril. L'autre, qui devait avoir environ 25 ans, n'était pas aussi marqué par la vie, mais les rides de soucis qui barraient son front prouvait que ce devait être, lui aussi, un aventurier.
Eux aussi ils m'observaient, notant, je le savais, mon jeune âge et mes traits fins.
Le silence entre nous commençait à être pesant, quand le plus âgé se mit à parler.
"- Nous vous devons des remerciements mademoiselle. Je me présente, je suis Sir Godefroy de Tinville, et voici mon neveu, Cydric. L'homme que vous avez soigné est Abélard de Montreuil. Nous avons été attaqué par un fauve, en traversant la forêt pour venir ici, chercher un endroit ou dormir."
Je me présentais à mon tour, je donnais juste mon nom, qu'avais je a dire d'autre...
Godefroy me regarda un moment, puis reprit la parole.
"- Nous retournons dans mon fief, Abelard doit épouser ma soeur. Vous plairait il de nous accompagner afin de veiller sur son rétablissement? Pardonnez moi, mais j'ai interrogé l'aubergiste, je sais que vous n'êtes pas du coin."
Je réfléchissais rapidement, puis, l'air ennuyé je lui demandais.
"- Serais-je rémunérée pour mes services?
- Bien sur.
- Alors je viens avec vous." Ajoutais-je dans un sourire.

Nous partîmes le surlendemain matin, Abélard allait mieux. J’avais profité de la journée, et de la bourse que l’on m’avait donné pour m’acheter une nouvelle tunique. Je n’avais plus que la noire de Magnus. J’en pris une dans les tons ocres, chaude, en laine. Je m’achetais également un lien de cuir, pour m’attacher les cheveux. Mes bottes avaient elles aussi besoin d’être changées, mais cela dépassait mes moyens.
Godefroy me dit que nous avions une semaine de voyage pour rejoindre le port de Mintalan, de là, nous prenions le bateau pour rejoindre l’île de Mornerive ou se trouvait le fief de Tinville.
Abélard tenait en selle, mais ses côtes le faisaient encore souffrir. Régulièrement, nous nous arrêtions afin que je lui fasse des cataplasmes calmants.
Mes compagnons étaient silencieux. Je repensais avec regret à Osgard et sa bonne humeur. Osgard… Il allait m’en vouloir, il faudrait que je retrouve sa trace quand je reviendrais sur ces terres.
Cydric me jetait de fréquents coup d’œil, que je faisait semblant de ne pas remarquer.
Au bout de 7 jours, effectivement, nous arrivions à un port. J’en eu le souffle coupé. Je n’avais jamais vu l’océan. Le vacarme des porteurs de ballots, des mouettes, de la criée aux poissons, l’odeur salée de l’eau, acre et agressive du poisson, douce et chaleureuse des coques de bateaux m’émerveillèrent et me fascinèrent.
Pendant que Godefroy s’occupait des formalités d’embarquement, je restais au bout d’une jettée a contempler l’immense étendue verdâtre qui semblait n’avoir pas de limites.
Je m’imaginais sur des terres inconnues peuplées de fées et de monstres fantastiques. J’imaginais des lacs et des cascades d’eau claires, des arbres inconnus, des licornes et des phœnix.
Cydric vint me chercher. Nous devions embarquer sur une grosse nef qui se nommait « la Valeureuse ».
Je m’occupais d’installer Abélard dans une toute petite cabine. On m’avait dressé un matelas a coté de lui. Il n’avait pour ainsi dire plus besoin de mes services, mais il se déplaçait encore mal, et ses nuits étaient douloureuses, ma présence semblait le rassurer. C’était un homme assez chétif et que je trouvais geignard, je plaignais sa fiancée.
Le bateau déploya ses voiles, et je sus immédiatement que ce voyage allait être un supplice. Mon cœur et mon estomac se révoltèrent contre le roulis et la houle. Je cessais d’être malade au bout du quatrième jours, le jour de notre arrivée.
Je quittais le bateau sans regrets. Il neigeait, j’en fus ravie. Sur le continent, la neige était rare et cela me rappelait les trop courtes bataille de boules de neige de mon enfance.
Le voyage jusqu'à Tinville fut court, nous y arrivâmes le soir même.
La demeure de Godefroy était un immense manoir qui comportait un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours. De chaques cotés, les écuries et les logements des domestiques, le four a pain également.
Un mur d’enceinte ceignait la bâtisse et un puit se trouvait au milieu de la cour intérieure.
Dés notre arrivée, la porte du mur d’enceinte s’ouvrit, on nous attendait visiblement, et une foule se massait dans la cour.
Dés que Godefroy descendit de cheval, une grande femme habillée d’une robe élégante couverte par une cape de fourrure se précipita vers lui. Au baiser qu’ils échangèrent, j’en déduis que cela devait être son épouse.
Autour d’elle, lorsqu’elle s’était détachée du groupe se trouvait trois personnes. Deux jeunes filles d’environ 15 ans pour l’une et 18 pour l’autre, blondes comme les blés aux traits fins et aux visage avenant, et un jeune homme, qui avait environ 20 ans et qui devait être l’aîné de Godefroy tant la ressemblance était frappante.
Tout autour d’eux, il y avait la mesnie de la famille, tous souriant, Godefroy devait être un bon maître .
Je descendis de Salto, aussitôt un valet me prit la bride des mains. Godefroy et Cydric firent les présentations.
Les deux jeunes filles se nommaient Mélicène et Ameniel, Améniel, la plus agée était la fiancée. Le jeune homme se nommait Enguerrand, leur mère était Dame Clotilde de Tinville.

(... à suivre...)
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Solanne [LDL]
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Oula ca avance bien
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